Les Cheminements Bartimée

Divorce, nouvelle union, sacrements…

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Cette question, Jésus la pose à Bartimée, marginalisé, sur le bord du chemin. Dans sa situation, Bartimée demande de l’aide à Jésus, il crie vers lui mais les disciples de Jésus le font taire, il dérange… Jésus stoppe la foule qui l’entraîne, il demande maintenant à ceux qui faisaient taire Bartimée de l’appeler. Jésus entend la demande de Bartimée et l’exauce parce qu’il est touché par sa foi. (Mc 10, 46-52)

La vie nous fait parfois traverser bien des épreuves : rupture, séparation, divorce… La douleur peut être vive, profonde, même très longtemps après. Heureusement, des voies de guérison peuvent se présenter, par exemple dans la rencontre d’un nouveau conjoint qui devient époux/épouse… une espérance, une renaissance. Pourtant, il arrive alors que dans notre histoire, une nouvelle blessure apparaisse, celle de se sentir marginalisé par le regard de l’autre et, en tant que baptisé, par l’institution Église. Nous nous sentons comme Bartimée sur le bord d’une Église qui passe, dont certains membres nous disent même parfois de nous taire.

Si, ici ou là dans l’Église, cette attitude a malheureusement pu se vérifier, sachons qu’elle est désormais caduque et révolue, sachons que l’Église est sortie d’un discours sur le mode du permis/défendu. La dernière exhortation du pape François nommée « La joie de l’amour » (Amoris Laetitia : AL) l’affirme sans détour : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile » (AL 297). Pour le pape François, il ne s’agit pas seulement de ne plus condamner, mais « d’intégrer tout le monde » (AL 297). « La route de l’Église est […] de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » (AL 296)

Notre paroisse se met donc résolument et avec enthousiasme dans la dynamique de cette exhortation en proposant les « Cheminements Bartimée ». Il n’est pas psychologique mais spirituel. Il permet à chaque personne affectée dans sa vie par une rupture ou un divorce de pouvoir exprimer aujourd’hui sa souffrance. A celles qui se sont engagées dans une nouvelle union d’exprimer aujourd’hui en Église et à l’Église leur demande. Toutes les personnes ne portent pas les mêmes blessures. Certaines sont récentes ou encore ouvertes : comme dans un « hôpital de campagne » (AL 291), elles seront à soigner et cela peut prendre du temps. D’autres personnes diront qu’elles ont été pansées depuis longtemps, il suffira de retirer ce pansement pour constater ensemble et avec bonheur que tout est cicatrisé.

C’est un « chemin de maturation personnel » (AL 312) et pastoral qui est proposé, un itinéraire à vivre avec l’Évangile, éclairé par les rencontres que fait Jésus avec la Samaritaine, Zachée, la femme adultère… Dans ce discernement, les sacrements seront pour certains catalyseurs de la guérison espérée, parce que « l’Eucharistie est un généreux remède » (EG 47) ; pour d’autres ils seront le signe que la guérison a déjà eu lieu. Les sacrements manifestent en tout cas que nul n’est « privé de la grâce sanctifiante » (AL 301), l’Église n’est pas là pour la contrôler, mais pour la faciliter (AL 310) car cette grâce est un don, elle n’est pas un dû, « Dieu résiste aux orgueilleux mais c’est aux humbles qu’il donne sa grâce » (1 P 5, 5).

A la fin du récit, Bartimée n’est plus au bord du chemin mais en chemin avec les autres à la suite de Jésus. C’est donc toute la communauté paroissiale qui est invitée à convertir son regard pour intégrer et se réjouir que plus personne ne soit marginalisé en son sein.

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Suite à la réunion d’information qui s’est tenue le 30 septembre 2016, nous nous tenons à disposition de toute personne ou couple qui souhaiterait prendre contact. « Au regard de mon histoire, de ce que j’ai traversé comme épreuves ou espérances dans ma vie personnelle et dans ma vie de foi, je souhaite maintenant prendre le temps de me poser, de faire le point et d’exprimer mon attente profonde, mon désir… Avec l’écoute attentive d’un frère ou d’une sœur dans la foi, je pourrai, si je le désire, avancer à mon rythme vers une participation libérée et libérante des sacrements, afin de nourrir ma foi et d’être complètement intégré à la vie de l’Eglise, à la vie de ma paroisse ».

Nous sommes à votre service et à votre écoute.

contact

Florence et Georges ROMERO,

cheminements.bartimee@paroissedebron.fr

 

Des paroissiens interviewent Franck GACOGNE, curé de la paroisse, sur les « Cheminements Bartimée »

Mais c’est quoi Amoris Laetitia ?

En français, La joie de l’amour, c’est le titre du texte que le pape a rédigé suite aux deux sessions du synode sur les familles. C’est en quelque sorte sa conclusion qui est en fait une ouverture sans précédent. Cette magnifique exhortation traite de très nombreuses questions qui touchent les familles et leur mission : les réalités et les défis, l’amour, le mariage, les enfants, l’éducation, les crises… Comme cela a été le cas pour la précédente exhortation du pape François : La joie de l’Evangile et son encyclique sur l’écologie humaine Loué sois-tu, la paroisse proposera à la rentrée un groupe de lecture pour prendre connaissance du contenu de ce texte et tâcher de nous l’approprier en lien avec notre projet paroissial. L’épiscopat français est en train de préparer un guide de lecture qui pourra nous être très utile.

S’agit-il d’un retour aux sacrements ?

Oui, c’est une possibilité offerte. Concernant la situation des personnes « divorcées remariées », Amoris Laetitia ouvre la porte des sacrements qui leur était jusqu’alors officiellement fermée. Le pape François encourage tous ceux qui se sont éloignés ou qui ont été éloignés des sacrements, en particulier celui du pardon et de l’Eucharistie, de les ré-envisager pour nourrir leur foi et être complètement intégrés à la vie de l’Église.

Et que va en penser la communauté ?

Eh bien, j’espère qu’elle s’en réjouira ! En tout cas, c’est ce que le père de la « parabole aux deux fils » demande au fils aîné, en l’invitant à prendre part à la fête donnée pour le retour du fils cadet son frère (Luc 15, 11-32). Tous, nous disons avant de communier : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir… », aucun de nous ne l’est. Recevoir le Corps du Christ n’est pas une récompense pour les méritants, je n’en connais pas. Communier, c’est répondre à l’invitation de Jésus lui-même qui veut nous offrir sa vie « Prenez et mangez en tous… »

Quel est le cheminement ?

Il s’agit simplement de prendre le temps nécessaire pour s’interroger en conscience sur les épreuves traversées, de discerner quels apaisements intérieurs et relationnels ont été vécus ou restent encore à vivre, cela avec le soutien spirituel de frères et sœurs de la communauté paroissiale, d’un prêtre. Ce chemin pourra se vivre en groupe en se laissant éclairer et interpeller par l’Evangile. Il pourra aussi se vivre dans un accompagnement personnel afin de pouvoir mieux entendre les situations singulières de ceux qui le souhaitent.

Des chrétiens d’une autre paroisse peuvent-ils se joindre ?

Pourquoi pas, mais que ces baptisés commencent d’abord par rencontrer le pasteur de leur paroisse pour lui faire une proposition du même type, comme Amoris Laetitia nous y encourage. Cette proposition n’est pas exceptionnelle, elle est catholique, c’est-à-dire universelle, comme l’exhortation du pape François.

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