>> Téléchargez le Kaléidoscope n°115 de janvier 2020

par Eric de NATTES

« Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » Actes 28, 2

Tel est le verset retenu pour accompagner notre semaine de prière pour l’unité des Chrétiens du 18 au 25 janvier. Il est tiré de l’épisode extraordinaire de la tempête qui saisit le navire qui transporte Paul et d’autres prisonniers à Rome pour y être jugés (Chapitres 27 des Actes puis 28 lors de l’arrivée à Malte). Le récit, malgré son soubassement historique, offre une lecture spirituelle et humaine passionnante. Comment, au cœur de la tempête, confinés dans le même bateau, les caractères des uns et des autres se révèlent – de ceux qui veulent fuir le navire à ceux qui deviennent violents, en passant par ceux qui désespèrent – pour montrer comment Paul, dont on n’avait pas écouté les conseils avisés, mais qui ne s’enferme pas dans l’aigreur, va devenir l’instrument du Salut pour tous en redonnant confiance à chacun : la Foi au cœur de l’adversité !

Je ne peux que vous inviter à le lire ou relire… Vous verrez comment, après des jours d’errance chaotique au milieu d’une tempête qui les a perdus en mer, Paul prend les choses en main avec une certitude : leurs vies seront sauves ! Alors que les peurs envahissent les prisonniers, les matelots, les militaires, les passagers, et que les hiérarchies de commandement sont contestées, que les procédures habituelles ne sont plus opérantes, Paul, par sa conviction, sa parole, ses actes, va ramener tout ce petit monde à la raison. Il empêche certains de quitter le navire, il remet de la cohésion dans le groupe, c’est lui qui prend des initiatives. Moment crucial : alors qu’ils sont au bord de l’anéantissement et qu’ils n’ont presque plus rien à manger, Paul les fait asseoir et leur donne à manger… du pain, qu’il bénit en levant les yeux au ciel !

Merveilleux récit qui entremêle inextricablement sagesse humaine (manger pour refaire ses forces et calmer le groupe) et foi en Dieu qui sauve (geste eucharistique pris au cœur du repas : repas pour survivre et repas du Salut sont mêlés). Quand les personnes sont mises à nu par l’épreuve, qui garde confiance, au nom de quoi, de Qui ? Belle attitude de Paul qui soutient l’humain sans oublier le spirituel. Lui qui avait pourtant anticipé le naufrage sans avoir été écouté, rassemble ses forces lorsque la crise est là.

Alors, le bateau est échoué sur l’île de Malte. Et c’est ici que les autochtones les accueillent en les réchauffant, leur donnant à manger… « ils nous ont témoigné une humanité peu commune ». Les voilà sauvés !

Les chrétiens de Malte ont préparé cette semaine de prière pour l’année 2020. On comprend pourquoi ils ont choisi ce récit qui honore leurs ancêtres sur l’île. Car si les ‘’autochtones’’ ont magnifiquement accueilli tous les naufragés, c’est ensuite Paul qui, par des guérisons, va rendre l’hospitalité à leurs hôtes. C’est l’Évangile vivant. Une culture de la rencontre qui permet l’échange des bienfaits, des bénédictions.

C’est donc sous le signe de l’hospitalité que nous vivrons à Bron au Christ-Roi, salle Tibhirine, vendredi 17 janvier à 20h, notre veillée de prière œcuménique. Nous voulons cette célébration joyeuse, par les chants, la prière de louange, l’intercession, l’écoute de la Parole et la bénédiction de tous. Venez nombreux, que nous témoignions, nous aussi, par l’accueil des confessions anglicane, baptiste, évangélique, presbytérienne, catholique, notre humanité peu ordinaire, et notre communion en notre unique Seigneur, Jésus, le Christ !

Bonne année 2020

Je reprendrai volontiers l’épisode magnifique de la tempête au chapitre 27 des Actes dont je viens de vous parler dans l’éditorial, pour formuler des vœux de confiance, de persévérance et de foi pour notre communauté. L’étendue du péché de notre Église, commis par des prêtres, des évêques, des cardinaux, révélé par la crise que nous traversons, a pu faire quitter le « navire » à certains. Je peux les comprendre. Mes pensées continuent d’aller aux victimes. Peut-être ne sommes-nous qu’au milieu de cette tempête, je ne sais. Elle éprouve les cœurs. J’espère, et nous ferons tout pour, qu’elle va nous permettre un changement de culture profond. Une conversion nécessaire. Alors je garde confiance et je souhaite une bonne année à toutes celles, tous ceux qui continuent inlassablement à se dépenser pour le bien de la communauté. Pour la rassembler autour du repas eucharistique pour écouter son Seigneur et vivre de sa vie. Pour l’enseigner et l’encourager, des plus petits aux aînés en passant par les jeunes. Pour accueillir les fiancés, les parents, les familles en deuil. Celles et ceux qui vivent l’hospitalité et le soutien envers les plus fragiles.

A tous, mes vœux fervents dans le Christ Jésus comme dit Saint Paul. Que l’Évangile soit votre phare sur votre chemin. Que Jésus lui-même soit votre guide et votre espérance. Que la joie ne quitte pas vos cœurs. Que votre foi soit purifiée comme l’or au creuset.

Bonne année 2020 !